- Auteur Philippe Depetris
- Temps de lecture 4 min
Un Beethoven intime avec Lionel et Nicolas Bringuier, et l’Orchestre Philharmonique de Nice
Ovations des spectateurs à l’Opéra de Nice, lors du concert « Beethoven intime », ces 22 et 23 mars derniers, avec le Philharmonique de Nice, Lionel Bringuier chef d’orchestre, et son frère Nicolas, invité en soliste au piano.

L’Orchestre philharmonique de Nice sous la direction musicale de Lionel Bringuier, à l’Opéra de Nice. ©Philippe Depetris
L’orchestre Philharmonique de Nice retrouvait à l’Opéra de Nice Côte d'Azur ces 22 et 23 mars dans le cadre de sa saison symphonique 2024-2025, son chef principal Lionel Bringuier pour un concert exclusivement consacré à un Beethoven intime. Deux salles combles pour applaudir ce jeune chef dont le talent et la notoriété dépassent depuis bien longtemps au plan international les frontières de la ville de Nice dont il est originaire.
Un Beethoven intime avec Nicolas et Lionel Bringuier, Orchestre philharmonique de Nice
C'était un Beethoven intime au programme de ce concert symphonique, mettant en lumière de purs trésors de puissance et d'émotion, avec les œuvres de l'Ouverture d’Egmont, le Concerto pour piano en mi bémol majeur, op. 73 « L'Empereur » et la Symphonie n°4 en si bémol majeur, op. 60.
On a ressenti d’emblée la connivence qui s’est instaurée entre le chef d'orchestre et ses musiciens, ce rapport privilégié qui se remarque dans l’attention avec lequel l'ensemble orchestral adhère aux propositions de leur chef, lui aussi attentif aux aspirations des musiciens. Ce fut le cas dans l’Ouverture d’Egmont dont Lionel Bringuier a dessiné les contours architecturaux puissants, dynamisant sans emphase inutile les différents pupitres de la formation niçoise.

Harmonie et complicité
Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Lionel Bringuier et le Philharmonique de Nice accueillaient ensuite en soliste le pianiste Nicolas Bringuier qui a dominé avec maestria le 5ème concerto en mi bémol majeur de Beethoven dont l’exécution fut un régal de bout en bout. Magnifiquement maîtrisée sur le plan technique par Nicolas Bringuier, la lecture de cette partition s’est caractérisée par une énergie incroyable, insufflée par le soliste exploitant toutes les possibilités sonores de son piano Shigeru Kawai SKEX, en parfaite osmose musicale et fraternelle avec le maestro.
Cette complicité faite d’écoute et de compréhension mutuelles, cet engagement commun des tous les acteurs ont donné à cette œuvre majeure sa véritable dimension expressive qui a dépassé les exigences extrêmes de l’écriture pianistique. Que dire aussi de la poésie et de la sérénité qu’ont offert à l’adagio un poco mosso Nicolas et Lionel Bringuier et l’orchestre, soulignant l’intimisme, la beauté irréelle et quasi-immatérielle de ces harmonies géniales, avant l’éclatante liberté et justesse de ton qu’ont offert les interprètes à ce monument du répertoire.
La Symphonie n°4 en si bémol majeur servie sur un plateau
Dans la 4ème symphonie qui terminait le concert, Lionel Bringuier a démontré sa profonde connaissance de l’orchestre et de la maîtrise formelle de cette œuvre qui n’est pas la plus connue de Beethoven mais de laquelle émanent une énergie, une vitalité mais aussi une poésie et un lyrisme dont le chef et ses musiciens ont sû exalter les élans. Il en a résulté une expressivité de tous les instants, des couleurs et une fluidité offrant à l’œuvre toute sa force d’inspiration.
Les ovations enthousiastes adressées par le public à l’intention de Lionel et Nicolas Bringuier et aux musiciens du Philharmonique de Nice (lesquels ont aussi applaudi à tout rompre chef et soliste) ont démontré combien ce concert avait apporté à chacun une part de bonheur bien réconfortante en ces temps difficiles.